Allaitement et cancer du sein

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, avait déclaré en 2017 : « Les jeunes femmes doivent être sensibilisées le plus précocement possible aux facteurs de risque de ces cancers et à l’intérêt du dépistage. Celles qui ont des facteurs de risque aggravés, souvent familiaux, doivent être identifiées le plus tôt possible ».
Nous tenons à souligner qu’un des facteurs de risque de cancer du sein est le non-allaitement pour les femmes qui ont des enfants. Le soutien et la protection de l’allaitement chez toutes les femmes qui désirent allaiter, et l’information en amont sur les bienfaits de l’allaitement sont nécessaire pour endiguer l’augmentation des cas de cancer chez les femmes.
WBTi : Nous estimons que les études ci-après et les chiffres devraient faire agir le Ministère de la santé pour des actions soutenues en faveur de la protection des allaitements qui sont en place.
De plus, nous ne savons pas si les femmes en âge de procréer ont elles-même été allaitées ou pas dans ces études. En cas de non-allaitement dans leur passé, des effets épigénétiques pourraient les prédisposant par la suite à développer un cancer.
Le lait maternel confère des facteurs protecteurs au bébé, p.e. le complexe protéino-lipide HAMLET Human Alpha-lactalbumin Made LEthal to Tumor cells, qui attaque les cellules de tumeurs (cancéreuses), mais pas les cellules saines … . Est-ce que cette protéine reste active jusqu’à l’âge adulte, protégeant les femmes (et les hommes) de cancers ? On n’en sait rien.
WBTI : Nous estimons que des études devraient être menées sur ces grandes questions, cruciales pour les santé publiques. Intégrer la question de l’allaitement dans l’historique des patientes est important pour avoir des données complètes sur le lien nutrition - cancer - avoir été allaitée - allaiter soi-même son enfant.
Etudes et références
Effet protecteur de l’allaitement aussi sur le cancer ovarien. 2018 : Impact de la parité et de l’allaitement sur le risque de divers sous-types de cancers ovariens. Histological subtypes of ovarian cancer associated with parity and breastfeeding in the prospective Million Women Study. Gaitskell K et al. Int J Cancer 2018 ; 142(2) : 281-9.
2018 : Facteurs de risque du cancer du sein triple négatif. Reproductive history, breast-feeding and risk of tripple negative breast cancer : the Breast Cancer etiology in Minorities (BEM) study. John EM et al. Int J Cancer 2018 ; 142(11) : 2273-85. Mots-clés : cancer du sein triple négatif, facteurs reproductifs, allaitement.
2017 : Le World Cancer Research Fund et l’American Institute for Cancer Research ont émis une série de 10 grandes recommandations pour prévenir le cancer, dont une portant sur l’allaitement. La protection de l’allaitement face au risque de cancer du sein : « strong evidence ». World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. https://www.wcrf.org/int/continuous-update-project/cup-findings-reports/breast-cancer
2017 : Grossesse, allaitement, ménopause et risque de cancer du sein chez des femmes coréennes. Risk reduction of breast cancer by childbirth, breastfeeding, and their interactions in Korean women : heterogeneous effects across menopausal status, hormone receptor status, and pathological subtypes. Jeong SH et al. J Prev Med Public Health 2017 ; 50 : 401-10.
2016 : Allaitement et expression du Ki-67, du p54 et du BCL2 dans les cancers du seinBreastfeeding and immunohistochemical expression of Ki-67, p53 and BCL2 in infiltrating lobular breast carcinoma. Gonzalez-Sistal A et al. PloS ONE 2016 ; 11(3) : e0151093.
2014 : Allaitement et prévention du cancer du sein. Breastfeeding and the prevention of breast cancer : a retrospective review of clinical history. González-Jiménez E et al. J Clin Nurs 2014
2013 : Facteurs reproductifs, récepteurs hormonaux, et risque de cancer du sein. Association between chronological change of reproductive factors and breast cancer risk defined by hormone receptor status : results from the Seoul breast cancer study. Chung S et al. Breast Cancer Res Treat 2013 ; 140(3) : 557-65.
2013 : Lactation et risque de cancer du sein après la ménopause. Investigating the association of lactation history and postmenopausal breast cancer risk in the Women’s Health Initiative. Stendell-Hollis NR et al. Nutr Cancer 2013 ; 65(7) : 969-81.
2012 : Allaitement et réduction du risque de cancer du sein. Breastfeeding and its relationship with reduction of breast cancer : a review. Franca-Bothelho Ado C et al. Asian Pac J Cancer Prec 2012 ; 13(11) : 5327-32.
2002 : Lancet. 2002 Jul 20;360(9328):187-95. L'équipe du Pr Valérie Beral du Centre de recherche sur le cancer d'Oxford a prouvé qu'un allaitement prolongé diminue le risque d'apparition de ce cancer. Les chercheurs ont ainsi réuni les données de 47 études réalisées dans 30 pays différents, et portant au total sur près de 150 000 femmes : • Les femmes présentant un cancer avaient allaité moins souvent, et moins longtemps que les témoins.
• Le risque de cancer était diminué de 4,3 % pour une année d'allaitement supplémentaire (sachant que le risque était déjà diminué de 7 % pour chaque naissance).
Références sur HAMLET
James C.S.Ho, Aftab Nadeem, Catharina Svanborg, HAMLET – A protein-lipid complex with broad tumoricidal activity. Biochemical and Biophysical Research Communications, Volume 482, Issue 3, 15 January 2017, Pages 454-458 https://doi.org/10.1016/j.bbrc.2016.10.092
Aits S, Gustafsson L, Hallgren O, Brest P, Gustafsson M, Trulsson M, Mossberg AK, Simon HU, Mograbi B, Svanborg C (March 2009). "HAMLET (human alpha-lactalbumin made lethal to tumor cells) triggers autophagic tumor cell death". Int. J. Cancer. 124 (5): 1008–19.

Intelligence artificielle et allaitement

3 mars 2018. Tout en investissant dans la technologie et les projets d’intelligence artificielle, il serait souhaitable en France de s’occuper également de l’intelligence naturelle. Le cerveau humain ne se développe pas ex nihilo, il nécessite les bons nutriments (graisses et protéines) adaptés à la croissance et à la construction du cerveau humain.

Des études ont montré que les petits humains se développent de façon sub-optimale avec des produits de substitution. Le lait maternel reste l’étalon d’or pour la nutriton.
Le développement de notre cerveau bénéficie d’une part de la composition spécifique du lait maternel dont les ingrédients sont 100% “humains” et d’autre part de tout ce qui entoure la pratique de l’allaitement : les contacts peau à peau, le sentiment de sécurité que procure la tétée, les contacts visuels et olfactifs avec la mère, la subtile communication qui se noue entre les deux, la confiance qui s’installe.
Un ont en effet examiné le développement cérébral d’enfants en bas âge selon qu’ils sont allaités ou non. Verdict : le cerveau des enfants allaité se développe plus rapidement, et ce dès les premiers mois de la vie.
En gardant gardant à l’esprit que “l’intelligence” mesurable est un mélange de gènes hérités, d’influences de notre environnement et de nutrition, le bon sens est : dans le doute, mieux vaut allaiter que pas.
Car il n’y a pas que l’intelligence en jeu, mais aussi la santé (microbiote, système immunitaire, maladie non transmissible....).
Une petite sélection de sources scientifiques :
Mandy B Belfort, Breast Milk Feeding, Brain Development, and Neurocognitive Outcomes: A 7-Year Longitudinal Study in Infants Born at Less Than 30 Weeks' Gestation. The Journal of Pediatrics, October 2016, Pages 133-139.e1 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022347616304115
Joan L Luby, Breastfeeding and Childhood IQ: The Mediating Role of Gray Matter Volume. May 2016, Pages 367-375. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S089085671630003X
Victora, CG, Lessa Horta, B, Loret de Mola, C et al. Association between breastfeeding and intelligence, educational attainment, and income at 30 years of age: a prospective birth cohort study from Brazil. Lancet Glob Health. 2015; 3: e199–e205
Sean CL Deoni, Breastfeeding and early white matter development: A cross-sectional study, Neuroimage, November 2013, Pages 77-86. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1053811913005922 (cet article présente aussi une bibliographie intéressante à la fin.
Une grande méta-analyse de 1999 : Anderson JW, Johnstone BM, Remley DT, « Breastfeeding and cognitive development : a meta-analysis », Am. Journal Clinical Nutrition, 1999 ; 70 : 525-535
Grand public :

Service 3

Tamen a proposito, inquam, aberramus. Non igitur potestis voluptate omnia dirigentes aut tueri aut retinere virtutem.