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Allaitement et épigénétique : les révélations de Melnik

Version du 15 juin 2018

 

La recherche récente so focalise sur le rôle de la nutrition en début de vie comme la base épigénétique de la programmation développementale. Le lait est le premier environnement nutritionnel postnatal de tous les mammifères.

 

De plus en plus d’études et projets de recherche se penchent sur le rôle du lait maternel pour le bébé et son développement.

 

 

L'épigénétique est l'étude des mécanismes qui modifient de façon adaptative la façon dont s'expriment nos gènes, de façon réversible et transmissible à notre descendance, sans modifier les gènes eux-mêmes

 

Notre matériel génétique n’est pas statique comme on avait tendance à le croire, en l’opposant à l’environnement qui est la variable (les notions de l’inné (gènes) et de l’acquis (ce qui arrive par l’extérieur) rendaient compte de cette dichotomie. Aujourd’hui on sait que nos gènes, c’est-à-dire notre l’ADN est en dialogue dynamique avec l’environnement au sens large, donc aussi avec ce que nous mangeons, dès les premiers jours de la vie ! Les gènes peuvent s’exprimer ou rester silencieux, en fonction des messages que l’ADN reçoit. Ces messages sont donné par les mi-ARN, des messagers d’une partie répliquée de l’ADN. Ils jouent un rôle très important comme – et le lait maternel en contient en grande quantité !

 

C’est fascinant, mais cela doit aussi nous interpeller : car quels messages est-ce que les bébés NON allaités reçoivent ? Des mi-ARN du lait de vache, d’une autre espèce ?

 

Le chercheur Bodo Melnik se penche sur cette question depuis plusieurs années. Voici un article intéressant, nous vous proposons une traduction français de l’abstract.

 

 

Melnik 2017 – Traduction en français par WBTi

 

Le rôle du lait comme régulateur épigénétique pour la santé et les maladies.

Bodo C. Melnik et Gerd Schmitz. Publié le 15 mars 2017

 

Abstract : L’objet de cette revue est de caractériser le rôle du lait comme régulateur épigénétique pour la santé et les maladies. Basé sur la recherche concernant la traduction génétique, nous identifions le lait comme un modulateur épigénétique majeur pour l’expression des gènes chez le consommateur du lait. Le lait est présenté comme un « système de dopage » épigénétique du développement des mammifères. Les acides micro-ribonucléiques (mi-ARNs) - dérivés des exosomes du lait - qui ciblent les ADN-méthyltransférases jouent un rôle clé dans la régulation vers le haut (up-regulation) des gènes développementaux tels que FTO, INS et IGF1.

 

Par opposition aux préparations pour nourrissons (PPN) qui sont déficientes en mi-ARN, l’allaitement fournit, via le transfert physiologique de mi- ARN maternel, les signaux appropriés pour la programmation épigénétique adéquate du nouveau-né. Alors que l’allaitement se limite à la durée de la lactation, la consommation continue de lait de vache aboutit à une régulation épigénétique permanente à la hausse de gènes impliqués de manière décisive dans le développement de maladies de civilisation telles que la « diabésité » (le diabète conjugué avec l’obésité), la neuro-dégénérescence et le cancer.

 

Notre hypothèse est que les mêmes mi-ARNs qui augmentent la production lactée par le biais de mécanismes épigénétiques, régulent aussi à la hausse l’expression des gènes du consommateur du lait via les mi-ARNs dérivés du lait. La consommation continue de lait de vache pasteurisé contamine la chaine alimentaire humaine avec des mi-ARNs bovins qui sont identiques avec leurs analogues humains.

 

Cela présente une préoccupation cruciale. L'augmentation de la performance lactationnelle des vaches laitières pour des intérêts commerciaux pourrait encore davantage alourdir la charge épigénétique par les mi-ARNs chez le consommateur de lait.

 

Mots-clés : allaitement ; ADN-méthyltransférases ; régulation épigénétique ; exosome ; FTO, préparations pour nourrissons (PPN) ; lactation, miRNA-148a, lait, maladies non transmissibles de civilisation.

 

FIN DU RESUME

 

Melnik a mené des recherches sur le lait bovin avant d’arriver à s’intéresser au lait humain. Ce chercheur met en évidence deux point importants :

 

1) Tout d’abord, l’allaitement fournit au bébé des mi-ARNs maternels donc humains, à bonne dose et en jouant le rôle d’activateurs adéquats du système de croissance humaine.

 

2) Ensuite, dans la mesure où les mi-ARNs bovins (présents dans le lait de vaches) sont pour certains identiques au mi-ARNs humains, il y a le risque que la consommation continue de lait de vache interfère avec la programmation épigénétique des êtres humains. Ce risque est encore accru par le fait que les vaches laitières sont conditionnées et sélectionnées par rapport à leur performance à produire du lait en grande quantité. Les informations épigénétiques pour accroitre la production lactées peuvent se transmettre à l’être humain.

 

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